Printemps du livre 2012 http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr Tout bouge autour de nous Mon, 24 Nov 2014 16:40:07 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.3 Thierry Ménissier / Mardi 20 mars http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/thierry-menissier-mardi-20-mars/ http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/thierry-menissier-mardi-20-mars/#comments Sat, 10 Mar 2012 10:00:20 +0000 Printemps du livre http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/?p=1345 Rencontre

Professeur de philosophie, Thierry Ménissier vient de publier aux Presses Universitaires de Grenoble (PUG) La liberté des contemporains. Pourquoi il faut rénover la république ! Il y revisite les principes fondamentaux du discours républicain. Entre la liberté des anciens et celle des modernes, il propose une troisième voie, la liberté des contemporains, ouvrant une perspective stimulante pour rénover la notion de république, aujourd’hui en crise. Une rencontre proposée dans le cadre des 40 ans des PUG.

Mardi 20 mars — 18 h 30
Bibliothèque Centre-ville

]]>
http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/thierry-menissier-mardi-20-mars/feed/ 0
lectures de l’atelier Anagramme / 21mars http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/lectures-de-latelier-anagramme/ http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/lectures-de-latelier-anagramme/#comments Fri, 09 Mar 2012 08:43:30 +0000 Printemps du livre http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/?p=1684 Dans le cadre du Printemps du livre, l’atelier lecture d’Anagramme,
animé par Benoit Olivier, vous invite à une lecture

Mercredi 21 Mars à 18 h 30
à Anagramme
6, rue Raoul Blanchard – Grenoble

Au programme des extrait de
Denis Laferrière Tout bouge autour de moi
Jordi Soler  La fête de l’ours
Lydie Salvayre Hymne

A l’issue de la lecture d’environ 40 minutes, nous vous retrouverons avec plaisir autour d’un verre

]]>
http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/lectures-de-latelier-anagramme/feed/ 0
Atelier «J’écris à un écrivain» http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/atelier-jecris-a-un-ecrivain/ http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/atelier-jecris-a-un-ecrivain/#comments Thu, 08 Mar 2012 08:27:56 +0000 Printemps du livre http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/?p=1079 Atelier_ecriture

La bibliothèque Saint-Bruno prend de l’avance sur le Printemps du livre et propose aux adolescents de correspondre avec un auteur de leur choix parmi ceux qu’elle aura sélectionnés.

Les lettres seront transmises aux auteurs afin qu’ils puissent y répondre, et publiées sur le blog du Printemps du Livre.
Encadré par les bibliothécaires de Saint-Bruno, cet atelier est l’occasion d’un contact privilégié avec quelques invités que les adolescents pourront rencontrer durant le festival.

Durant tout le mois de mars– Bibliothèque Saint-Bruno — 8, place Saint-Bruno -  04 76 96 82 95

]]>
http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/atelier-jecris-a-un-ecrivain/feed/ 0
Theo Hakola / 7 mars http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/theo-hakola-2/ http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/theo-hakola-2/#comments Mon, 05 Mar 2012 09:02:29 +0000 Printemps du livre http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/?p=1337 Rencontre atelier

Theo Hakola © Renaud Monfourny

Theo Hakola évoque les liens entre écriture musicale et écriture littéraire.

Proposé par des étudiants de l’École Supérieure de Commerce de Grenoble.

7 mars – 18 h
Grenier de La Table Ronde
Place Saint André

]]>
http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/theo-hakola-2/feed/ 0
Petit-déjeuner littéraire / samedi 3 mars http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/petit-dejeuner-litteraire-samedi-3-mars/ http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/petit-dejeuner-litteraire-samedi-3-mars/#comments Tue, 28 Feb 2012 16:11:51 +0000 Printemps du livre http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/?p=1565 cafe_verbeEtreDu 28 mars au 1er avril 2012 se déroulera au Jardin de ville
la dixième édition du Printemps du livre de Grenoble.

Le thème de l’édition est Tout bouge autour de nous

Crise finan­cière, prise de conscience écolo­gique, déve­lop­pe­ment des nou­velles tech­no­lo­gies, muta­tion des rela­tions fami­liales (…), le monde change et ses bou­le­ver­se­ments ont des échos dans la sphère de l’intime comme dans l’espace public… Un vaste champ à explo­rer, à tra­vers les romans, essais, textes de théâtre et albums des qua­rante auteurs invi­tés pour fêter avec nous la dixième édition du fes­ti­val.
Partenaire de la manifestation depuis 8 ans, la bibliothèque Le verbe être à La Tronche propose un petit-déjeuner littéraire ouvert à tous le samedi 3 mars à 10h pour découvrir de manière conviviale les auteurs pour adultes. La parole sera également donnée aux lecteurs.

Bibliothèque municipale Le verbe être
8 chemin pont Prouiller
La Tronche
Tel. : 04 76 03 29 74

Pour s’y rendre Bus 16 arrêt Grande Tronche/ Bus 31 arrêt Musée Hébert

]]>
http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/petit-dejeuner-litteraire-samedi-3-mars/feed/ 0
Rencontre philo http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/conference-tout-bouge-autour-de-nous/ http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/conference-tout-bouge-autour-de-nous/#comments Wed, 01 Feb 2012 12:00:44 +0000 Printemps du livre http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/?p=715 Conférence de Thierry Ménissier

jeudi 9 Février, 18h30
Bibliothèque Centre Ville

L’impermanence du monde transforme-t-elle nos existences en ébauche sans tableau (Kundera). Telle est la question posée par Thierry Ménissier, professeur  de philosophie à l’Université Pierre mendes France – Grenoble 2, en écho au thème du Printemps du livre 2012.

Le monde actuel semble dominé par le changement d’une manière peut-être inégalée dans l’histoire. Au point que la réalité paraît se transformer sans limite. Quelles conséquences un tel état peut il avoir sur nos existences, aux plans psychologique et social, moral et politique ? D’ailleurs dans la dynamique générale qui nous entoure, existe-t-il encore des états de fait ?

]]>
http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/conference-tout-bouge-autour-de-nous/feed/ 0
Christophe Ramaux http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/christophe-ramaux/ http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/christophe-ramaux/#comments Tue, 31 Jan 2012 11:41:46 +0000 Printemps du livre http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/?p=1483

Christophe RamauxÉconomiste, chercheur et enseignant, Christophe Ramaux est signataire du Manifeste des économistes atterrés. Avec plusieurs membres de ce collectif de chercheurs, experts et universitaires qui contestent l’orthodoxie néolibérale, il a publié Changer d’économie : nos propositions pour 2012 (Les Liens qui libèrent, 2012). Il approfondit la réflexion sur les alternatives à un modèle en faillite dans L’Etat social (Mille et une nuits, 2012). Il analyse comment la crise systémique et l’inefficacité du néo-libéralisme conduisent à placer l’Etat social au cœur d’une voie politique libérée du pouvoir de la finance. Un État social élargi, protecteur et régulateur.

Extrait de Changer l’économie, chapitre 5
«Éloge de la dette publique»
:

Le problème majeur n’est pas la dette publique mais la dette privée

On parle toujours du «trou du public», mais pas de celui du privé. La dette privée des ménages et des entreprises (sans même parler de celle des institutions financières) est pourtant celle qui a explosé à partir de 2007. Elle est autrement plus importante : 120% en France en 2008, un niveau d’ailleurs assez faible comparé à d’autres pays (175% aux États-Unis, environ 200% en Espagne et aux Royaume-Uni).

Comment expliquer l’explosion de la dette privée dans les années 1990 et 2000, en particulier aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Espagne ? Le néolibéralisme est directement en cause. Libéralisation de la finance, libre-échange, austérité salariale et contre-révolution fiscale : ces quatre leviers, actionnés un peu partout dans le monde, ont provoqué une explosion des inégalités et une compression de la demande. Face à cette situation, les États-Unis (en tête) ont alors en quelque sorte sauvé la croissance mondiale, et ce par une explosion de l’endettement privé des ménages. À défaut d’augmenter leurs salaires, on les a poussés à s’endetter, la finance y trouvant largement son compte au passage. Cela a en effet soutenu la croissance mondiale pendant un temps. Jusqu’à ce que la dette privée explose. Depuis la crise des subprimes, faute d’une rupture franche avec les quatre leviers néolibéraux, c’est la dette publique qui a pris le relais. Sans elle, les économies se seraient littéralement effondrées, ce qui n’auraient pas pour autant permis que les comptes publics se redressent, puisqu’ils dépendent avant tout des recettes, donc de l’activité.

La focalisation sur la dette publique plutôt que sur celle du privé renvoie au discours libéral selon lequel le public est improductif et «pèse» sur le privé. Si l’on considère qu’il crée de la richesse monétaire (ce qui est le cas), il est clair que le déficit public n’est pas en soi un mal : il peut soutenir et lancer des activités. La prétendue «règle d’or» qui se fixe pour objectif l’équilibre des comptes publics est à la fois inepte (elle n’a aucune chance d’être respectée dans le contexte de crise actuel), antidémocratique et ultralibérale.

Les États-Unis avaient une dette publique de près de 120% du PIB à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Cela n’a pas empêché la suite : avec la croissance, la taxation des hauts revenus et un peu d’inflation, la dette a fondu comme neige au soleil (moins de 30% au début des années 1970.)

 

Changer l’économie, chapitre 5 «Éloge de la dette publique», p.124–125

RENCONTRES

Samedi 31 mars – 17 h 30
Maison du Tourisme

SIGNATURE

Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville

BIBLIOGRAPHIE

]]>
http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/christophe-ramaux/feed/ 0
Patrick Deville http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/patrick-deville/ http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/patrick-deville/#comments Tue, 31 Jan 2012 09:43:53 +0000 Printemps du livre http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/?p=1539
Patrick DEVILLE © bertini

© bertini

Grand voyageur, passionné de l’Amérique latine, Patrick Deville dirige depuis 1986 la Maison des Ecrivains Etrangers et Traducteurs à Saint-Nazaire. Ses derniers livres tiennent du  carnet de voyage  d’un écrivain érudit, à l’écoute du monde et de ses bouleversements. Avec  Equatoria  (Seuil, 2009), le lecteur traversait le continent africain sur les traces du grand explorateur Savorgnan de Brazza et des conquérants du  XIXe siècle. Kampuchea (Seuil, 2011) nous emmène le long du Mékong pour une exploration historique et littéraire du pays des khmers rouges au moment du procès de Douch, l’un de leurs chefs, fasciné par la Terreur révolutionnaire et amateur de poésie française.

Extrait de  Kampuchéa :

Nous qui l’avons tant rêvée, avons cru en lire les prémices un peu partout sur la planète, nous savons que ni la révolution française ni la mexicaine ni la russe ni la cubaine ni la chinoise n’avaient poussé la fraternité et l’égalité des hommes jusqu’à la disparition, en vingt-quatre heures, de la richesse et du règne de l’argent.

Parmi les rares endroits où elle fut victorieuse, La Havane, Managua, Hanoi, celle-ci de Phnom Penh fut un sommet, la plus belle et la plus intransigeante, l’absolue table rase. Trois ans, huit mois et vingt jours. Une révolution aussi parfaite qu’une expérience de laboratoire longtemps l’Angkar est anonyme. On connaît les Khmers rouges historiques. On ne sait pas lesquels sont encore en vie après tant d’années de maquis. La radio égrène les numéros, Frère n°1, Frère n°2…Ceux-là veulent préserver la pureté des jeunes combattants du Peuple ancien qui n’ont connu que la forêt et la discipline. Leur faire détruire tous les produits de l’Occident avant qu’ils n’apprennent à s’en servir et que ce goût ne les corrompe comme il a corrompu le Peuple nouveau. L’idée même de ville doit disparaître. Le retour au village et à la pureté khmère. Tous porteront le pyjama noir des paysans khmers. C’est la rigueur morale du Peuple ancien contre la débauche des citadins. Phnom Penh retourne à la nature qui croît au milieu de ses allées en terre. Les chauves-souris y plantent des bananiers, et comme les Viêt-congs de l’igname, qui est le vrai légume du guérillero au milieu des munitions. Phnom Penh est une zone interdite.

Souvent les partis révolutionnaires, après l’effervescence, deviennent bureaucratiques et lents, administratifs, tatillons, aiment les tampons. Au Kampuchéa, tous les imprimés sont détruits, brûlés les titres de propriété et les diplômes, les papiers d’identité et les permis de conduire. A l’époque des impérialistes et de leurs valets, tous ces papiers étaient comme des médailles au cou des chiens accrochés à leur collier. L’Angkar libère le peuple du règne de l’imprimé. Pas d’activité législative. Juste ces mots, « l’Angkar dit que » : plus de propriété privée ni de tribunaux, plus d’écoles, plus de cinémas, plus de librairies, plus de cafés ni de restaurants, plus d’hôpitaux, plus de commerces, plus d’automobiles ni d’ascenseurs, ni cosmétiques ni glaciers, ni magazines ni courrier ni téléphone. Ni vin blanc ni brosse à dents.

Plus de médecins, de bonzes, de putes, d’avocats, d’artistes, d’opticiens de professeurs, d’étudiants.

De tout cela, le peuple est enfin libéré.

Kampuchéa  p.12 et p.13

RENCONTRES

Samedi 31 mars — 11 h
Maison du tourisme

Samedi 31 mars — 17 h 30
Bibliothèque Centre-ville

SIGNATURE

Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville

BIBLIOGRAPHIE

]]>
http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/patrick-deville/feed/ 0
Pierre Péju http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/pierre-peju/ http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/pierre-peju/#comments Mon, 30 Jan 2012 17:12:29 +0000 Printemps du livre http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/?p=1408
Pierre Péju © Helie Gallimard

© Helie Gallimard

Professeur de philosophie et écrivain, Pierre Péju a été directeur de programme au Collège international de Philosophie, et a collaboré à plusieurs revues. Il est l’auteur de romans, dont La Petite Chartreuse (Gallimard, 2002), de récits et d’essais. Spécialiste du romantisme allemand et de l’univers des contes, il vient de publier Enfance obscure (Gallimard, 2011). Il revisite en essayiste une ligne qui traverse son œuvre romanesque : l’enfance. Nommant l’objet de sa quête l’Enfantin, il en cherche les traces dans des souvenirs, des relectures littéraires et philosophiques. Il dégage les liens avec la création artistique de ces éclats d’enfance à la fois fugaces et tenaces.

 

CONFÉRENCE

Mercredi 28 mars – 9 h 30 > 12 h
C.R.D.P. de l’Académie de Grenoble

SIGNATURE

Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville

BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

Enfance obscure
Gallimard, 2011

Marée basse
Jérôme Millon, 2009

La Diagonale du vide
Gallimard, 2009

Le Rire de l’ogre
Gallimard, 2005

La Petite Chartreuse
Gallimard, 2002

Lignes de vie, récits et existence
chez les Romantiques allemands
Corti, 2000

]]>
http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/pierre-peju/feed/ 1
Claude Lorius http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/claude-lorius/ http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/claude-lorius/#comments Mon, 30 Jan 2012 16:45:01 +0000 Printemps du livre http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/?p=1378

Claude LoriusPionnier de la glaciologie, Claude Lorius a conduit à partir des années 60 de nombreuses et mythiques expéditions polaires, notamment en Antarctique. Ouvrant les «archives glaciaires», ses travaux ont permis d’écrire l’histoire du climat, mettant ainsi en corrélation gaz à effet de serre et réchauffement climatique. Auteur de nombreux articles, il a publié avec Laurent Carpentier Voyage dans l’anthropocène. Cette nouvelle ère dont nous sommes les héros (Actes Sud, 2010). Il y revisite son parcours scientifique, et détaille avec lucidité les contours de l’anthropocène, cette ère où l’homme a « pris le pas sur les cycles naturels » et déréglé la terre dont il était le gardien.

Extrait de Voyage dans l’Anthropocène. Cette nouvelle ère
dont nous sommes les héros
:

Depuis que nous avons dressé la courbe des températures du passé au Dôme C, les choses ont changé. A Grenoble, en 1979, le laboratoire de glaciologie alpine de Louis Llibutry – fondateur en France de cette science que le monde commence à découvrir avec intérêt – est rebaptisé, signe des temps, laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement. J’en suis nommé directeur. La communauté scientifique commence à parler de réchauffement climatique. L’empreinte de l’homme dans ce phénomène apparaît de moins en moins hypothétique. Néanmoins, à ceux qui crient casse-cou, d’autres répondent méthodologie, prudence, pas de panique, attention aux effets de feedback, de rétroaction… Le monde a désormais besoin de preuves.
Dans l’Ouest de l’Antarctique, à la station de Siple, l’équipe suisse de Hans Oeschger a prélevé une carotte peu profonde pour analyser les bulles piégées qui commencent à intéresser tout le monde. Le site de Siple a un mérite : les chutes de neige y sont suffisamment importantes pour que l’air soit rapidement piégé dans la glace, c’est-à-dire en une dizaine d’années à peu près, et la température suffisamment basse pour que les neiges ne fondent pas et gardent intactes les concentrations de gaz. De quoi étudier l’évolution de l’atmosphère récente depuis le début de l’ère industrielle. Car les gaz se mélangent rapidement dans l’atmosphère et l’air des bulles du pôle Sud est pratiquement le même que celui que respirent les Français, les Russes ou les Chinois dès qu’ils sont à la campagne. Or, les carottes d’Oeschger vont montrer sur la période qui court depuis le début de l’ère industrielle une progression régulière de la teneur en CO2 au fil des ans. L’information vient corroborer la courbe de Keeling. Le puzzle se fait en place. La seule chose qui manque désormais est une vision plus lointaine pour avoir la preuve sur le long terme que cette augmentation est réellement une anomalie en comparant cette période à d’autres dans l’histoire de la Terre, et non pas un hasard de conjoncture, un simple accident qui se serait déjà produit dans un passé plus ancien. Pour cela, le mieux serait de pouvoir utiliser les glaces que les Soviétiques ont prélevées à Vostok et qui y dorment sagement en attendant qu’on veuille bien les réveiller.

Voyage dans l’Anthropocène. Cette nouvelle ère dont nous sommes les héros, p.44–45

RENCONTRES

Dimanche 1er avril – 16 h
Maison du Tourisme

SIGNATURE

Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville

BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

Voyage dans l’Anthropocène.
Cette nouvelle ère dont nous sommes les héros
Actes Sud, 2010

Glaces de l’Antarctique :
une mémoire, des passions
Odile Jacob, 1991

L’Antarctique,
avec R. Gendrin
Flammarion, 1997

]]>
http://printempsdulivre2012.bm-grenoble.fr/claude-lorius/feed/ 2